Le philosophe : réflexions épistémologiques

Sciences et savoirs aux XVIe et XVIIe siècles

 

L’œuvre de Gérard Simon est autant celle d’un historien que celle d’un philosophe et théoricien de l’histoire des sciences. D’abord, parce que s’étant formé en tant que philosophe, sa recherche se centra sur l’analyse des systèmes philosophiques du passé et il s’intéressa essentiellement à la cohérence, l’actualité et l’obsolescence de régimes de savoir (il a répété dans plusieurs textes une formule révélatrice : « prendre en compte les textes, rien que les textes et tout dans les textes »). Deuxièmement, sa recherche historienne fut un socle ferme pour le développement d’une réflexion épistémologique poussée. La référence récurrente à certains auteurs s’accompagne d’un dialogue critique et prolifique : si Michel Foucault, Claude Lévi-Strauss, Alexandre Koyré, Gaston Bachelard et Georges Canguilhem sont des influences immédiates, ce sont aussi des interlocuteurs intimes puisqu’il tenait à les analyser pour dégager une méthodologie personnelle, d’une part pour résoudre les limites qu’il a repérées en eux, de l’autre afin d’aborder de manière adéquate ses problématiques propres.